École de Joseph Werner (1637 - 1710)
 
  Cupidon portant une lettre à Marie-Adélaïde de Savoie (1695-1712), Duchesse de Bourgogne puis Dauphine de France, mère de Louis XV, vers 1696-97.
Gouache sur vélin, marouflée sur carton, de la fin du XVIIe siècle, conservée dans un cadre en bois doré et argenté de style baroque.
École de Joseph Werner (1637 - 1710).

Ancienne collection du Captain Bertram Currie (1899-1959), château de Dingley Hall, Market Harborough, Northamptonshire en 1953

Au revers, ancienne attribution : Miniature of
La Duchesse de Bourgogne/Petitot Landscape by Largilliere. Après la guerre de
la Ligue d’Augsbourg (1689-1697), la France et le duché de Savoie scellent
leur réconciliation par une nouvelle union dynastique : le mariage du duc de
Bourgogne, petit-fils de Louis XIV et de Marie-Adélaïde de Savoie, fille aînée
d’Amédée II de Savoie. En octobre 1696 elle quitte Turin pour Versailles. Le
contrat de mariage qui la lie désormais –après maintes tractations – l’oblige à
renoncer à la succession du duché de Savoie et scellera, quelques mois plus tard,
le sort de l’Europe par la paix de Ryswick. Joseph Werner met ici l’accent sur la
toute jeune duchesse, vue dans un lit à baldaquin donnant sur des bâtiments à
l’antique, entourée d’amours joufflus ; Cupidon lui porte une lettre, évocation du
contrat de mariage et de l’Amour qui va la lier au duc de Bourgogne. Célébré
le 7 décembre 1697 dans la chapelle du Château de Versailles, ce mariage est
suivi les 11 et 14 décembre 1697, par un bal dans la galerie des Glaces et de
superbes fêtes. Le marié a 14 ans et la duchesse n’a que 11 ans. De cette union,
naîtra le futur Louis XV. Le duché de Savoie est alors une des grandes puissances
européennes. Un pacte secret est signé avec la France le 29 juin 1696 qui aboutit
à la paix de Turin, le 29 août. Suite à ce traité, Louis XIV et Victor-Amédée
II sont de nouveaux alliés pour quelque temps. Mais Victor-Amédée s’oppose à
nouveau à Louis XIV en 1703 lors de la guerre de Succession d’Espagne (1700-
1713). Malgré ce contexte politique changeant, la duchesse de Bourgogne reste
très appréciée du Roi-Soleil. Sa joie de vivre est un enchantement dans cette Cour
vieillissante. Pour elle, le roi fait réaménager en 1698 la Ménagerie à Versailles.
Frappés par la rougeole, le duc et la duchesse de Bourgogne meurent tous deux
en février 1712 à six jours d’écart. Seul leur dernier fils, le duc d’Anjou, futur
Louis XV, échappe à l’épidémie. A la mort de la jeune femme, sa correspondance
révèlera qu’elle informait son père des secrets de la politique française : «La petite
coquine nous trompait donc!» dira Louis XIV à Mme de Maintenon.



Dimensions:
A vue : H. : 23,5 - L. : 31,1 cm.
Cadre : H. : 31 cm – L. : 39 cm.
 
Altre immagini disponibili
Chiudi la finestra